I don’t know, do you believe in signs ? Mon anglais est poor. L’avion pour New Delhi est plein à craquer, ça braille dans tous les sens, les miens, sont au taquet. Mon voisin poursuit, la conversation à l’air de lui plaire, ou peut être cherche t-il a remplir ses heures. J’aspire à dormir, dans ma tête c’est le chaos.
Il y a un an j’étais à Montréal, rue sainte Catherine, je discutais avec des australiennes, de la vie, de lâcher prise et de l’inde ce pays, cet univers si mystérieux…
Depuis ce jour là, ma vie est remplie de Signes, de coïncidences, de présages, ou tout simplement d’interprétation, de point de vue. Les hôtesses Finnair sont grandes, blondes ça tranche ! Nous atterrissons à 4h du mat, il fait 35°, on nous accueille avec des masques à cause d’une sois disant grippe, (dont c'est le plutôt le vaccin qu'il faudrait se méfier...) pas aimable les gars.
Je ne sais pas où je vais, je me sens inquiet, c’est normal, ce voyage je ne l’ai pas vraiment choisit, il s’est imposé à moi !
Des rencontres, des sujets, tous ces signes, ce numéro 17 qui revenait sans cesse. C’est peut être aussi un peu à cause de ce projet qu’Elle est partie. Ba voyons !
Qu’il fait chaud ! Que de bruits, soyons vigilants, je veux voir le nord, les montagnes, les temples, mais pour l’instant je dois sortir de l’aéroport et trouver un hôtel. Une station de taxi, on paye pour la direction qu’on choisit et on sort, on donne le ticket à un chauffeur de la même compagnie et c’est parti. La voiture n’a pas de ceinture alors que je n’ai jamais autant eu envie de la mettre, la route est mal entretenue nous slalomons, à coup de klaxxon, entre vaches, chiens errants, Pouss pouss, rickshaw, voitures, camions, vélos, piétons, poules. C’est l’hallu totale, et cette odeur forte qui entête. J’ai l’impression d’avoir une couche de saleté sur le visage, mon jean's me colle humide, je suis poisseux, desséché et la vue de toute cette misère « moyen-ageuse » me rend triste et confus.
Le chauffeur demande trois fois sa route et me dépose à l’endroit voulu, pas loin de Lodhi garden, il est 8h du matin et déjà la ville grouille. Je trouve une petite « Guest housse »
Je m’installe dans la chambre, il y a un ventilateur qui fonctionne tant bien que mal et une télé qui ne fonctionne pas. Allongé sur le lit je m’endors… Réveil en sueur, il fait au moins 50° là dedans, j’ai une chambre plein sud ! Rinçage, je range mes affaires, ma Savarine, mon livre de Duchaussoy pour sortir léger car je n’ai qu’un seul petit sac à dos. Les gens traînent dans les allées, dorment par terre, font leurs besoins dans les fossés, vendent tout et n’importe quoi à chaque coin de rues qui sont maculées de détritus, c’est un putain de choc.
Lodhi garden, grand jardin, je me pose. J’entame la lecture d’une interview du Dalaï Lama, pas de révélation pour l’instant, j’intègre ses propos et le rejoins sur beaucoup d’idées. Je partage sa vision de la discipline et de l’éducation, valeurs fondamentales à mon goût ! Ai-je bien choisit ma destination ? Non, je le répète, je ne l’ai pas décidé.
Mais alors pourquoi ? Je ne sais pas. Cette relation avec Elle m’a fait prendre conscience que je me dispersais complètement et qu’à mon âge « il y a des choses qu’un garçon doit savoir »
Me poser sans cesse les mêmes questions, et accumuler de la haine et de la rancune envers ceux qui m’ont fait, ou mal fait ne me soulagera jamais, aurais-je un jour la force de leur en parler ? Aurais-je la sagesse de leur pardonner ? Et eux, sauront-ils m’écouter et surtout me comprendre ?
Je ne peux m’empêcher de pleurer en apprenant la mort de l’une des plus grandes stars de tous les temps, comme je pleurerai à la mort de Bebel, c’est dur de perdre ses idoles, ses repères aussi, ici rien n’est neutre !
Je voulais m’ouvrir à plein de choses mais c’est tout le contraire je dois me blinder pour ne pas succomber devant tant de misère et d’inégalités. Les lépreux quêtent devant les magasins Nike, les Big Mac deviennent des Maharadja Chiken, des gens agonisent dans la rue à côté des vendeurs de jus de citron ambulants et moi en jean's, en manque de sommeil, décalé, apeuré par tout ce spectacle je sens, au bout de quelques jours, que des tas de choses remontent en moi comme si ce pays était tout simplement trop fort pour essayer de résister, de lutter. Départ pour le sud, c’est ca l’inde ! Tu pars pour visiter les montagnes et tu te retrouves à Cochin, pointe du sud, ancien comptoir international, ville magnifique mais saccagée, comment font ils pour autant massacrer leur pays ? L’expérience du train, intéressante, des poules, des gens qui font leurs besoins dans les coins, ça dort n’importe où, ça crache n’importe où. On fait un peu n’importe quoi n’importe où avec une certaine décontraction, et bien sur, tout finit toujours par s’arranger, seulement, il faut du temps, beaucoup de temps !! Ici les minutes ne sont pas les mêmes, les trajets ne sont pas pliés comme chez nous, le train s’arrête constamment, nous ne faisons pas plus de 50km/h de moyenne et encore.
Cumaracum, ville du sud, de grands lacs et canaux me font vivre, au crépuscule, une ballade en bateau (à 19h) dont je garde un souvenir extraordinaire !
Une semaine, je commence à me faire au bruit, chaleur, saleté, pollution, bordel ambiant, solitude et un soir, tout m’explose à la gueule. Le poulet ultra épicé, le nan, chips au poivre, le tchaï, le Massala, le tandoori, le curry… Je suis malade pendant deux jours à me tordre à l’autre bout du monde n’ayant que moi pour me plaindre.
Levé difficile. Cette année, j’ai fait la connaissance d’une prof de Yoga qui a vécu en inde et qui s’y trouve cet été, coïncidence. Je la rejoins, elle et sa famille et, pendant quelques jours, nous visiterons Trivandrum et les environs. Ils sont sympas avec moi et voit bien que je suis un peu largué. Mais j’accepte cet état, prélude au mieux être, il faut descendre assez bas pour pouvoir faire la paix avec soi même.
Je commence à aller mieux, nous logeons dans un superbe hôtel, mangeons vraiment bien, quoique toujours trop spicy pour moi. Mais si je me sens bien ce n’est pas pendant les ballades en villes ou les visites, c’est plutôt le soir quand, devant la mer d’Arabie, démontée, je m’assoie pour un moment de détente et de contemplation.
Je comprends mieux certaines choses, mes réactions, mes comportements addictifs envers la drogue, le sexe, le café, le sport. Mon incessant slalom entre mes livres, mon travail, mon engouement pour l’autodestruction… Frissons, stupeur et tremblements, canalise tes émotions mon garçon, regarde ces palmiers, cette plage… Ta sensibilité, fais en une force
Et, c’est face à la mer d’Arabie, toujours déchaînée, que je comprends. Aussi fougueuses soient les vagues, les rochers sont là et il faudra du temps pour les ronger. Ce pays est anxiogène mais il est propice à réfléchir, après avoir envoyé chier (dans un coin) un énième mendiant estropié, je découvre que cette colère en moi me vient de la trahison, trahison des femmes qui ont balisées ma vie d’enfant à jeune adulte.
Ma mère, ma tante, mes profs, mes copines… Elle.
J’ai une profonde et pure pensée pour ma grand-mère qui en dépit de trouver formidable tout ce que je fais, ne m’a jamais trahi, et m’a toujours soutenu.
Je m’endors en lisant Flash, il arrive à Katmandou. Moi aussi je prends la direction du Nord.
A l’aéroport, clean, on me bouscule, me pique ma place, qu’elle rudesse, sous prétexte que t’es blanc on doit essayer de t’arnaquer un maximum. C’est usant à force. Retour à Lodhi garden, je me promène en ville, rickshaw, Connought place où je prends l’exact mesure de la réalité qui m’entoure. Comment un pays si riche de culture, avec une civilisation millénaire peut il se noyer dans un tel tas d’ordure ? Un monument superbe peut être entouré de déchets, les cours d’eau servent à tout et n’importe quoi, besoins, lessives, cimetières, ablutions, vide ordure… IL y a pourtant tant de belles choses à voir, à découvrir, rien qu’à Delhi, rien qu’au Radjasthan…Mais je en suis pas venu pour me forcer, jours après jours j’en découvre un peu plus sur moi-même et c’est ce qui compte à mes yeux. Partir aussi loin pour se retrouver seul avec soi même, assez ironique, don’t you think ?
Au milieu de bordel ambiant, je vois des jolis jardins, des grandes « vihar », le temple lotus.
Je passe des heures assis et non pas des heures Lassi (le lassi est une boisson à base de lait et souvent de parfum de rose que l’on boit pour adoucir les repas…) à observer, réfléchir devant des tombes géantes entourées d’ordures, ma quête m’apparaît plus obsolète, moins absconse. Pose ton sac, déleste toi, abandonne toutes ces pensées négatives qui te nuisent. Facile à dire !
Mais je me sens quand même plus léger.
J’assume mieux d’être ce que je suis.
Longtemps j’ai voulu devenir quelqu’un d’autre parce que je ne m’aimais pas, portant les stigmates de ce que je détestais.
Longtemps j’ai vécu en ayant besoin de me faire payer quelque chose.
Trop longtemps j’ai gardé pour moi cette colère. Colère qui se traduisait par une extrême exigence, pour prouver quoi ? A qui ? Pourquoi ?
Des questions sans réponses puisqu’elles n’ont pas lieu d’être, commence alors un nouveau cycle, plus vertueux, plus sain, plus équilibrant. Une seule question subsiste : Qui suis-je ? La grande question, la grande aventure de chacun, la mienne aujourd’hui me fait beaucoup de bien.
C’est amusant de voir autant de monde derrière un bar pour te servir un Pepsi. Chômage déguisé ? Un pour le Namasté, un pour le ménage, un pour le sourire, un pour te servir, un pour le faire, un pour encaisser, un pour te comprendre à peu prés, un pour la réclamation car tu n’as pas ce que tu as demandé, etc…
Et puis un soir, au lieu de faire mon sac pour aller vers les montagnes, la soit disant destination du voyage, je décide de rentrer. Une envie qui me titillait, un désir de pouvoir baisser ma garde, un réel besoin de calme. Je pourrais très bien me retrouver tranquille au milieu du Penjab, mais la perspective du retour et repasser par cette ville que j’ai en horreur, non merci…
Tellement d’intensité que je serais bien incapable de dire si j’ai aimé ou pas ce que je viens de vivre pendant mon séjour, Dépouillé de tout, il ne me reste que moi et cette entrevue m’a apaisé pour l’instant, reste à savoir si ce processus perdurera, je verrai bien…
Dans l’avion j’ai la chance d’être seul sur les trois sièges, cool, ils m’ont tellement emmerdés à l’immigration, je n’avais pas le coup de tampon sur le bagage, puisque je n’en avais pas, du coup je devais repasser par le portique de sécurité, mais j’avais remis mes clés dans mes poches, bref ils contrôlent plus les passagers que les avions ici, mais je suis dedans, tranquille, les hôtesses hollandaises sont énergiques, sympas, je suis déjà en Europe, et pas mécontent…
J’ai besoin d’intégrer ce que j’ai vu, de me poser « trois jours chez ma mère » et de me détendre.
Deux semaines, je suis complètement reposé, nous avons de longues conversations, comme jamais auparavant…
Je me sens mieux de jours en jours, un peu plus en harmonie,
comme jamais auparavant…
Je commence à devenir l’homme que je croyais être avant de partir…
3 comments:
merci ce cette lecture et de voir que cela d'aura aider a voir et a mieux comprendre les choses et les sentiments que tu a enfouis depuis tant d'année!
bien sur c moi ton big lapisse!!!!
en te lisant mon ami j'ai voyagé et cela m'a touché
ton frero
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